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Le niveau de congestion élevé au sein des grandes villes, l’accroissement de la population urbaine mondiale, le taux de pollution croissant, la réapparition des beaux jours et ses événements urbains associés qui attirent du monde…, tous ces éléments nous indiquent à quel point la mobilité est un challenge actuel et futur pour nos villes et leurs décideurs politiques, pour lequel il convient de trouver des solutions « Smart ».

La mobilité, un défi de taille

Selon l’indicateur de trafic TomTom 2018, Mumbai est la ville la plus congestionnée du monde, avec un taux de congestion s’élevant à 65%. Classée 39e ville la plus engorgée sur la route au monde, Bruxelles atteint, elle, un niveau de congestion journalier de 37%. Si des solutions Smart ne sont pas mises en place, l’encombrement des routes risque d’augmenter pour toutes les villes puisque d’ici 2050, 75% de la population mondiale vivra au sein de zones urbaines. Actuellement, celle-ci s’élève à 50%. À côté des ralentissements créés par le trafic routier, l’environnement est considérablement touché par les émissions de CO2. Afin de lutter efficacement contre le réchauffement climatique, une réduction d’émission de 80% serait nécessaire. Pour faire face à ces nombreux défis, les pays doivent devenir acteurs de changement et repenser leur manière de gérer la mobilité en se tournant vers la Smart Mobility.

Vers des villes de plus en plus connectées ?

Le Big Data et le flux de données en temps réel, les nouvelles technologies et un réseau à haute vitesse sont les composants essentiels d’une Smart City. Grâce aux nouvelles technologies, comme les objets connectés, les senseurs, la vidéo… un volume important de données peut être créé, collecté et exploité au sein des villes. La combinaison de tous ces éléments permet une meilleure prise de décision avec comme résultat : une ville plus performante, plus réactive, plus durable et améliorant la qualité de vie de ses citoyens. Au niveau de la mobilité, la réduction d’un temps de trajet grâce à l’utilisation des données et des technologies s’élève entre 15 et 30 minutes. Grâce aux Smart Cities, les citoyens, qui sont de plus en plus demandeurs de transparence, ont accès à davantage d’information. Selon Grand View Research, la croissance attendue du marché global des Smart Cities est estimée à 18% par an.

Le modèle Smart appliqué à la mobilité

Certaines villes du monde, déjà bien avancées dans la mise en œuvre de technologies, dans la collecte et l’analyse de données, ont placé comme priorité de changement la mobilité. De nombreuses applications du modèle Smart peuvent être créées pour améliorer la mobilité. Par exemple, le paiement digital des moyens de transport, le système de parking intelligent, les horaires et l’information des transports publics en temps réel, le transport multimodal, les signaux intelligents s’adaptant au trafic, le partage de voitures, vélos ou trottinettes (« Mobility As A Service »), les véhicules autonomes…

Prenons un exemple concret, celui des transports publics. Les données en temps réel, communiquant les retards, les déviations… aident les navetteurs à ajuster leur horaire avant et après le trajet. L’installation de senseurs, la collecte et l’analyse des données générées par les senseurs peuvent également permettre aux villes de prendre de meilleures décisions concernant les trajets de bus proposés, les horaires ou encore d’adapter la signalisation de manière intelligente en fonction du trafic.

Des exemples européens de Smart Mobility

Parmi les capitales européennes, Londres et Copenhague ont déjà mis en place diverses initiatives d’application du modèle Smart à leur mobilité.

Considérée comme la ville la plus Smart d’Europe, Londres exploite les avantages de la collecte et de l’utilisation des données dans plusieurs domaines. Au travers du placement de senseurs sur les différents transports londoniens et de l’analyse des données récoltées, les transports publics peuvent être réparés avant qu’un problème ne survienne. Londres a également lancé des projets pilotes de signalisation intelligente qui s’adapte au trafic en temps réel.

Ayant posé comme objectif de devenir, d’ici 2025, la première capitale neutre en CO2, Copenhague a placé une grande partie de ses efforts d’implémentation du modèle Smart dans le domaine de la mobilité. Pour décongestionner le trafic routier, la capitale améliore continuellement ses pistes cyclables. Au travers d’un système intelligent de signalisation, elle souhaite augmenter le nombre d’utilisateurs du vélo et diminuer leur temps de trajet.

En Belgique, certaines villes ont lancé des projets de Smart Mobility. Par exemple, la ville de Mons est équipée d’une solution Smart Parking. Celle-ci comprend notamment des senseurs sur chaque place de stationnement et une application mobile permettant aux conducteurs d’être guidé vers une place libre voire même réserver leur place de parking à l’avance. Déployée en partenariat avec SPIE, cette solution permet une réduction des pertes de temps liées à la recherche d’un stationnement.

Face à tous ces défis, appliquer le modèle Smart à la mobilité devient urgent. Alors que certaines villes n’en sont qu’à leurs débuts, d’autres sont déjà bien avancées dans l’implémentation d’applications intelligentes dans ce secteur. 50% des projets de Smart Cities au sein de villes européennes concernent la Smart Mobility et l’environnement. Cette statistique nous indique à quel point la mobilité est un domaine-clé, sur lequel les acteurs privés et publics doivent se pencher pour proposer des solutions adaptées aux citoyens et répondant aux différents défis de notre société.

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